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Les dernires annes de Pascal
| AUTHOR | Brunschvicg, Leon; Pascal, Blaise |
| PUBLISHER | Createspace Independent Publishing Platform (05/03/2018) |
| PRODUCT TYPE | Paperback (Paperback) |
Description
Il serait impossible, et il serait superflu, de r sumer en quelques lignes l'histoire d'une me aussi riche et aussi complexe que fut celle de Pascal. On l'a vue vivre tout pr s de soi, et cela vaut mieux que d'en avoir une d finition par formules. Mais ce qu'il convient d'en retenir, c'est l'impression d'unit qu'elle donne. A part peut- tre la p riode de la crise que provoqu rent la mort de M. Pascal et la retraite de Jacqueline, - et dont le caract re ne peut tre d termin avec une enti re pr cision, - le d veloppement spirituel de Pascal se produit dans une m me direction. A aucun moment il n'y a rupture brusque avec le pass ; son me se transforme, sans rien perdre de ce qu'elle a pu acqu rir ant rieurement; elle s'assimile et elle organise tout; elle n'oublie rien. D s 1647 la pol mique avec le p re No l et l'affaire du fr re Saint-Ange manifestent l'unit de l'esprit de Pascal, combattant dans la science autant que dans la th ologie les sp culations a priori, belles pens es ou raisonnements s duisants, l'aide des faits, exp riences de physique ou textes de l' criture. La seconde conversion ne d truit pas cette unit dans son beau fragment sur les trois ordres de grandeurs, il reprend pour faire clater la charit de J sus-Christ quelques-unes des pens es qu'il adressait la reine Christine sur la dignit des savants vis- -vis des souverains; et en: 1660 il crivit Format une lettre qui est peu pr s enti rement dans le style du chevalier de M r . En r alit , si Pascal n'a pas toujours t dans les m mes occupations, pour reprendre son expression, il n'y a pas eu dans sa pens e m me l'antagonisme et la lutte qu'on dit quelquefois. S'il a pu tre tour tour g om tre, mondain et jans niste, il n'y a point contradiction entre les conceptions fondamentales qu'il a retir es de cette triple exp rience; tout au contraire, elles lui en ont paru s'harmoniser dans une v rit sup rieure qui r v le le principe directeur de la pens e de Pascal: savoir la primaut du sentiment imm diat sur la raison pure. Le g om tre se place directement en face de notions, comme le nombre et l'espace, qui ne peuvent tre d finies, qui sont vues par le coeur et ce titre sont plus s res que tout raisonnement, qui fondent pour mieux dire la certitude de tout raisonnement, ainsi que l'attestent les r flexions sur l'Esprit g om trique. Le mondain entend vite l' cole de M r cette finesse de go t, de tact et de jugement qui fait l'esprit d licat et l'honn te homme. D'un autre ton, et sur un autre sujet, Saint Augustin et ses disciples, Jans nius ou Saint-Cyran, disent ce que dit M r eux aussi, ils mettent leur confiance dans le coeur, ils y subordonnent le raisonnement pur, l'intelligence qui voudrait tout ramener sa taille. C'est cette vue commune qu'aboutit le d veloppement de la pens e de Pascal; il tait n cessaire de s'en rendre compte avant d'aborder l'oeuvre o se manifestent, comme il dit lui-m me, ces trois qualit s: g om tre, pyrrhonien, chr tien .
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Product Format
Product Details
ISBN-13:
9781718636538
ISBN-10:
1718636539
Binding:
Paperback or Softback (Trade Paperback (Us))
Content Language:
French
More Product Details
Page Count:
206
Carton Quantity:
36
Product Dimensions:
5.98 x 0.47 x 9.02 inches
Weight:
0.68 pound(s)
Country of Origin:
US
Subject Information
BISAC Categories
Philosophy | General
Descriptions, Reviews, Etc.
publisher marketing
Il serait impossible, et il serait superflu, de r sumer en quelques lignes l'histoire d'une me aussi riche et aussi complexe que fut celle de Pascal. On l'a vue vivre tout pr s de soi, et cela vaut mieux que d'en avoir une d finition par formules. Mais ce qu'il convient d'en retenir, c'est l'impression d'unit qu'elle donne. A part peut- tre la p riode de la crise que provoqu rent la mort de M. Pascal et la retraite de Jacqueline, - et dont le caract re ne peut tre d termin avec une enti re pr cision, - le d veloppement spirituel de Pascal se produit dans une m me direction. A aucun moment il n'y a rupture brusque avec le pass ; son me se transforme, sans rien perdre de ce qu'elle a pu acqu rir ant rieurement; elle s'assimile et elle organise tout; elle n'oublie rien. D s 1647 la pol mique avec le p re No l et l'affaire du fr re Saint-Ange manifestent l'unit de l'esprit de Pascal, combattant dans la science autant que dans la th ologie les sp culations a priori, belles pens es ou raisonnements s duisants, l'aide des faits, exp riences de physique ou textes de l' criture. La seconde conversion ne d truit pas cette unit dans son beau fragment sur les trois ordres de grandeurs, il reprend pour faire clater la charit de J sus-Christ quelques-unes des pens es qu'il adressait la reine Christine sur la dignit des savants vis- -vis des souverains; et en: 1660 il crivit Format une lettre qui est peu pr s enti rement dans le style du chevalier de M r . En r alit , si Pascal n'a pas toujours t dans les m mes occupations, pour reprendre son expression, il n'y a pas eu dans sa pens e m me l'antagonisme et la lutte qu'on dit quelquefois. S'il a pu tre tour tour g om tre, mondain et jans niste, il n'y a point contradiction entre les conceptions fondamentales qu'il a retir es de cette triple exp rience; tout au contraire, elles lui en ont paru s'harmoniser dans une v rit sup rieure qui r v le le principe directeur de la pens e de Pascal: savoir la primaut du sentiment imm diat sur la raison pure. Le g om tre se place directement en face de notions, comme le nombre et l'espace, qui ne peuvent tre d finies, qui sont vues par le coeur et ce titre sont plus s res que tout raisonnement, qui fondent pour mieux dire la certitude de tout raisonnement, ainsi que l'attestent les r flexions sur l'Esprit g om trique. Le mondain entend vite l' cole de M r cette finesse de go t, de tact et de jugement qui fait l'esprit d licat et l'honn te homme. D'un autre ton, et sur un autre sujet, Saint Augustin et ses disciples, Jans nius ou Saint-Cyran, disent ce que dit M r eux aussi, ils mettent leur confiance dans le coeur, ils y subordonnent le raisonnement pur, l'intelligence qui voudrait tout ramener sa taille. C'est cette vue commune qu'aboutit le d veloppement de la pens e de Pascal; il tait n cessaire de s'en rendre compte avant d'aborder l'oeuvre o se manifestent, comme il dit lui-m me, ces trois qualit s: g om tre, pyrrhonien, chr tien .
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